
Raymond Depardon s'intéresse très tôt à la photographie et prend ses premiers clichés dans la ferme familiale. Devenu en 1958 l'assistant du photographe Louis Foucherand. Ce grand Monsieur avait bourlingué dans une bonne partie du monde et avait réalisé des reportages pour diverses publications entre les années 30 et 60 s'associa avec Louis Dalmas au début des années 60 et c'est ainsi que R. Depardon se retrouva dans cette prestigieuse agence comme employé de laboratoire. Raymond abandonna trés vite le labo pour se consacrer au reportage en qualité de pigiste sans un sou vaillant, porté par sa passion et sa détermination de réussir dans ce métier. En 1960 ou 61,toujours pigiste et par défaut de photographes salariés de l'agence disponibles, Louis Dalmas l'envoie couvrir l'expédition SOS-Sahara. En cours de reportage, il apprend que 3 hommes se sont égarés dans le désert sans vivres et sans eau, il part a leur recherche et grace à son opiniatreté, les retrouve dans un état proche de l'épuisement en plein soleil avec comme seule protection une plaque de tole ondulée. Raymond réalise des photos en N et B. dont une fera la couverture de Paris Match et les autres un cahier intérieur de 4 pages Grace à ce reportage il obtient un succès mérité qui fut le débutd'une carrière exemplaire qui repose sur le talent, l'intègrité, l'énergie et une grande force de travail Depardon devient reporter salarié au sein de l'agence Dalmas et couvre ensuite les conflits [Algérie et Viet Nam) mais aussi les sujets d'actualité et traque aussi les "people" comme un authentique "paparazzi" Ce dernier genre n'étant pas sa tasse de thé...
Il cofonde en 1966 la célèbre agence Gamma, avec Gilles Caron. En 1974, à la demande de Valéry Giscard d'Estaing, il tourne un documentaire sur sa campagne électorale. Sa projection sera longtemps refusée par le nouveau président, et ce n'est qu'en février 2002 que 1974, une partie de campagne est diffusé à la télévision et au cinéma. Son titre initial était 50,81%, le pourcentage des voix obtenu par Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle.
Depardon a touché à presque tous les genres du documentaire et realisé de nombreux films importants, portant son regard humaniste aussi bien au Tchad - son film de 1989, La Captive du désert, met en scène Sandrine Bonnaire dans le rôle de l'archéologue Françoise Claustre, une Française qui fut deux ans et demi otage au Tchad d'Hissène Habré et qu'il interviewa pendant sa captivité - que sur un asile psychiatrique, aux urgences, dans les palais de justice ou sur les problèmes du monde paysan.
Deux de ses premiers films suivent le travail de la presse et de ses fournisseurs : Numéros zéro montre les préparatifs d'un nouveau quotidien, Le Matin de Paris ; Reporters suit pendant tout le mois d'octobre 1980 les photographes de l'agence Gamma, entre couverture de l'actualité et chasses aux people pour des clichés de paparazzi.
1 commentaire:
Je ne connais que certains documentaires de Depardon, mais j'ai toujours été touchée par son travail, juste et intègre, jamais voyeur, toujours humain. Son doc sur la campagne de Giscard (vu à la télé) était remarquable mais je me souviens aussi d'un doc sur la justice vu il y a longtemps au cinéma et qui m'avait beaucoup frappé.
Grand bonhomme, oui...
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